Billets

L’aberration conservatrice du jour

Publié le 2013-05-21 à 23:54 par Pier-Luc Brault

À ce qu’il paraît, un poste de juge au Conseil arbitral de l’assurance emploi coûte quelques milliers de dollars. Et le chèque doit être fait à l’ordre du Parti Conservateur. Eh ben.

Des nominations partisanes, on en voit sous plusieurs gouvernements, mais celles-là sont d’autant plus inquiétantes qu’elles visent sans doute à catalyser l’influence de l’idéologie conservatrice – en d’autres termes, à assurer que le cœur soit l’organe pesant le moins dans la balance au moment de rendre un verdict – sur les décisions qui seront rendues par ces « tribunaux administratifs indépendants » chargés d’entendre  les appels des décisions liées à l’assurance-emploi.

Au fond, c’est comme si l’administration de cet organisme était déléguée directement au Parti Conservateur. Ça doit être une façon de franchir une étape de plus dans le rêve que doivent nourrir plusieurs conservateurs pour leur parti : qu’il devienne un parti-état.

Bonne nuit tout le monde.

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Anticapitalisme 101, ou l’impossibilité écologique et sociale du système

Publié le 2013-05-19 à 20:22 par Pier-Luc Brault

Pourquoi être anticapitaliste ?

D’abord parce que le capitalisme est un système fondé sur l’exploitation : un patron ne peut pas, de toute évidence, payer ses employés selon la valeur réelle de ce qu’ils produisent, auquel cas il ne ferait aucun profit.

Je vous entends déjà me dire que j’exagère, que nous avons une qualité de vie tout à fait décente, que les normes du travail, la CSST et le salaire minimum sont là pour assurer que les salariés soient bien traités, et bla bla bla. Il s’agit d’oublier que nous vivons dans un contexte d’économie mondialisée, et que des chinois et des bangladais – parfois des enfants – travaillent dans des conditions exécrables pour fabriquer nos jeans et nos téléphones intelligents.

Les bien-pensants diront que le problème disparaîtrait si tous les pays du monde adoptaient des lois semblables aux nôtres pour réglementer les conditions d’emploi et de salaire des travailleurs. Sauf que dans ce système, si tous les travailleurs avaient grosso modo le même niveau de vie, les uns n’auraient pas le pouvoir d’achat nécessaire pour consommer tous les biens et services produits par les autres. Pour fonctionner, le système capitaliste a donc besoin de classes plus riches pour consommer le fruit du travail des classes plus pauvres.

Les mêmes bien-pensants me rétorqueront qu’il suffit d’augmenter de manière équivalente le niveau de vie de toutes les classes, incluant la plus pauvre, et qu’une fois éliminées la pauvreté excessive et les conditions de travail exécrables, les inégalités sociales ne seront plus si problématiques. L’ennui, c’est qu’en augmentant les conditions salariales de tout le monde, on n’augmente pas le pouvoir d’achat de la classe la plus pauvre : on crée simplement une inflation, et les classes plus riches continuent de s’accaparer des ressources par leur surconsommation – nécessaire à la survie de ce système.

C’est bien simple : le capitalisme ne peut mathématiquement pas fonctionner sans miséreux. Si on est contre l’existence de ces miséreux, on ne peut qu’être anticapitaliste.

Concernant la question écologique, la non-viabilité du système capitaliste s’explique fort simplement, en une phrase : ce système est fondé sur la croissance infinie, alors que les ressources sont limitées. Ainsi, nous consommons actuellement en une année davantage de ressources que la planète est en mesure de produire pour cette même période de temps. Autrement dit, nous vivons à crédit.

Mais allons plus loin. D’après une théorie développée par l’économiste Thorstein Veblen, les besoins humains sont somme toute limités, et au-delà d’un certain niveau, la consommation est stimulée par la rivalité. Ainsi, pour dépenser leur argent, les hyper-riches se procurent des biens ostentatoires : un milliardaire X voudra par exemple s’assurer d’avoir un plus long yacht qu’un milliardaire Y. Toujours d’après cette théorie, les membres de chaque classe tentent d’imiter le mode de vie de la classe immédiatement supérieure à la leur.

Ce phénomène entraîne une surconsommation à tous les niveaux. Voilà entre autres pourquoi la crise écologique et les inégalités sociales sont indissociables.

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Un texte de L’Aut’Journal se rend coupable de désinformation

Publié le 2013-05-16 à 16:37 par Pier-Luc Brault

Dans un texte publié aujourd’hui sur le site de L’Aut’Journal, les auteurs Marc Laviolette et Pierre Dubuc – qui crachent encore une fois sur Québec solidaire en remettant en doute son adhésion au projet souverainiste, mais on en a l’habitude et je ne m’y attarderai pas ici – prétendent ceci :

Selon des informations qui ont filtré des délibérations sur les alliances politiques au congrès de Québec solidaire, les congressistes auraient eu l’impression de s’être fait piéger dans une cage à homards.

De vieux routiers du mouvement « m-l » des années 1970 auraient d’abord fait adopter une résolution cataloguant le Parti Québécois comme parti néolibéral. Puis, dans un deuxième temps, ils auraient écarté « toute alliance avec des partis néolibéraux ». La manœuvre aurait laissé un goût amer chez plusieurs.

Ayant moi-même participé au congrès en question, et n’ayant manifestement rien à voir avec un « vieux routier du mouvement « m-l » des années 1970 » (disons seulement que la chute du mur de Berlin est moins jeune que moi), je me permets de rectifier quelques faits.

La position finale ayant été adoptée par le congrès au sujet des ententes électorales est la suivante :

Que dans le cadre de la prochaine campagne électorale, Québec solidaire ne fasse alliance avec aucun parti politique. Québec solidaire demeure ouvert à toute action commune et à la collaboration avec tout groupe qui rejoigne notre plateforme.

Comme vous le voyez, on n’y retrouve aucune mention du néolibéralisme, ni même du Parti Québécois.

Pour en arriver à l’adoption de cette position, nous avons débattu des deux options suivantes :

Option 1 – Que dans le cadre de la prochaine campagne électorale, Québec solidaire soit ouvert à un dialogue avec d’autres partis politiques souverainistes en vue d’ententes électorales à certaines conditions à réaliser dans un premier mandat.

Option 2 – Que dans le cadre de la prochaine campagne électorale, Québec solidaire ne fasse alliance avec aucun parti politique.

Il est vrai que l’amendement suivant a été adopté pour l’option 1 :

Ajouter l’option suivante : Québec solidaire rejette toute entente avec des partis qui appliquent une politique néolibérale. À cet effet, toute entente avec le PQ est exclue.

Le vote sur cet amendement a été scindé, et les deux phrases qui le composent ont donc été adoptées séparément, en commençant par « Québec solidaire rejette toute entente avec des partis qui appliquent une politique néolibérale », ce qui contredit déjà l’article de L’Aut’Journal.

Mais de toute façon, l’option 1 a finalement été rejetée, et il est donc faux de prétendre que le congrès a adopté une position de non-alliance avec les partis néolibéraux en désignant le PQ comme tel. Le congrès a en fait rejeté toute alliance avec quelque parti politique que ce soit.

Cela dit, même si une telle position avait effectivement été adoptée, ce serait vraiment un déni ou une incompréhension du fonctionnement démocratique de QS que de prétendre que des vieux routiers marxistes-léninistes aient pu « faire adopter » cette position: toute position est adoptée à majorité! Si l’option 1 avait été adoptée, c’est qu’une majorité de délégué-e-s auraient voté pour, en toute connaissance de cause.

Merci de ne pas entretenir la désinformation.

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La « patente à gosse » péquiste

Publié le 2013-05-08 à 21:00 par Pier-Luc Brault

À quoi joue le PQ, avec sa « commission spéciale d’examen » sur les événements du printemps dernier?

J’ai bien du mal à comprendre la motivation du gouvernement derrière l’annonce de cette pseudo-commission…

Si le gouvernement avait été sincère dans sa volonté de faire la lumière sur les événements du printemps dernier, il n’aurait pas mis en place une « commission » digne de la « patente à gosse » annoncée par les libéraux en 2011.

Si son but était de faire des gains électoraux auprès des personnes demandant une commission d’enquête, il aurait dû se douter que ces personnes ne se satisferaient pas d’un semblant de commission comme celui-ci, à moins que le PQ prenne vraiment les gens pour des imbéciles.

Si son objectif était d’économiser une partie des fonds requis pour mettre en place une véritable commission d’enquête (je dis ça comme ça, est-ce qu’une commission d’enquête coûte effectivement plus cher qu’une pseudo-commission?), et bien c’est une bien drôle d’économie, puisqu’une pseudo-commission sans pouvoir de contrainte risque peu d’apporter des résultats intéressants.

Cette annonce n’atteint même pas le rang de « mieux que rien », puisque « rien » aurait eu le mérite de nous en donner pour notre argent!

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Existe-t-il un communisme de droite?

Publié le 2013-05-07 à 21:00 par Pier-Luc Brault

Est-ce que ça existe, un communisme de droite?

Dans le cas où la réponse est non, je suggère aux politologues de s’intéresser aux actions du gouvernement conservateur pour développer des théories sur le sujet.

Parce que dédier entièrement un organisme PUBLIC de recherche aux seuls besoins des entreprises privées, ça ressemble étrangement à l’idée que je me fais d’un communisme de droite!

Et puis, quel impact cette mesure aura-t-elle sur la recherche au Canada? Quelles entreprises privées s’intéresseront, par exemple, à la recherche sur les impacts des aliments transgéniques (OGM) sur la santé humaine?

Publié dans Politique fédérale  |  Commentaires (0)
 
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